Semaine 1 : Début des travaux et rencontre de M. Gilles

Dès les premières heures de peinture, je constate que la murale est bien protégée. En effet, j'ai eu droit à la visite de quatre policiers dans deux voitures de police s'en venant arrêter un graffeur!

Finalement, puisque qu'il y avait une couverture par terre, que j'avais délimité le territoire avec des cônes, que je travaillais en plein jour et aussi à cause de mon âge, ils ont conclu (sans même me demander de pièces d'identité) que le tout était certainement autorisé! Ils sont donc repartis en actionnant la sirène deux fois!

Les artistes sont âgées entre 14 et 30 ans. La longueur du mur les rendait un peu nerveux au départ. Si je leur avais dit : « vous avez une murale de ½ kilomètre à peintre », ça les aurait apeurés! Mais quand on détermine les rôles de chacun, c'est plus facile. Je leur ai donc dit :
« créez-moi deux personnages aujourd'hui ». Ça les calmait.

Durant cette première semaine, j'ai aussi fait la connaissance de Monsieur Gilles. Gilles, c'est le premier citoyen à qui j'ai décrit la murale : chacun des personnages, pied par pied. Je lui ai décrit les couleurs et l'attitude des personnages. C'était nécessaire, car Monsieur Gilles est non-voyant. Du haut de sa soixantaine bien sonnée, ayant pour compagnon son chien de Mira, nous avons convenu qu'il serait un des personnages de la murale. [photos]

En retour, il a promis de dire à tout le monde que c'est la plus belle murale qu'il n'a jamais vue!

Nous avons maintenant terminé le premier côté (soit 175 pieds!). Les artistes sont épuisés mais je voulais voir de quoi ils étaient capables. La semaine prochaine, je vais y aller plus mollo… peut-être!